Jeanne Bleuse : pianos
Julian Boutin : violon
PROGRAMME : China Gates de John Adams, Road Movies de John Adams, Mare Nostrum (création) de Bastien Pelenc, Radio’s Move (création) de Sylvaine Hélary
création de la pièce musicale Mare Nostrum
Autour du Road Movies de John Adams, figure majeure de la musique répétitive américaine, l’étonnante Jeanne Bleuse continue sa quête vagabonde. Œuvre de musique de chambre contemporaine pour violon et piano, Road Movies nous entraîne dans l’imaginaire voyageur du cinéma américain entre lenteur hallucinée et course trépidante.
Pour l’accompagner dans cette nouvelle aventure, Jeanne Bleuse invite des compagnons de route fidèles : le violoniste Julian Boutin, le compagnon de route Bastien Pelenc et la jazzwoman Sylvaine Hélary.
Comme pour mieux évoquer le timbre d’une B.O. idéale, un piano électronique, le KAWAI EP 608, curiosité introuvable des années 80, s’ajoute au piano acoustique et au violon pour enrichir les sonorités de ce nouvel opus résolument rock.
Pour cette commande d’écriture, Bastien a plongé dans les profondeurs de la mer méditerranéenne pour y raconter la tragédie des hommes et femmes quittant leur terre pour en rejoindre une autre.
NOTE D’INTENTION :
« Alors que je convoquais déjà des imaginaires de voyages automobiles qui ont traversé films, livres et musiques des grands espaces, l’actualité qui jaillissait du poste radio frappa plus fort encore de par la brutalité de ses faits : le navire Ocean Viking venait une fois de plus de recueillir, sur les côtes libyennes, des centaines de migrants naufragés à son bord et cherchait à accoster sur les côtes européennes sans qu’aucune instruction d’un port de débarquement ne lui soit notifié.
Une autre vision du voyage s’imposa à moi comme une invitation à se pencher vers la mer, à regarder à la porte du vieux continent, ses flux, ses tragédies. Trajectoires de vies.
Mais aussi espoir, entraide et courage. Immense courage.
Alors, il ne restait plus qu’à se laisser embarquer par ces récits, de prendre en charge ces histoires, de s’effacer, de se déformer, d’accueillir et d’interroger (comme l’évoque si bien Alain Damasio) « comment arrivons-nous ou pas à couper les phénomènes d’empathie envers ces personnes ».
Ainsi, il sera question de trajectoires sonores subtiles ou radicales.
De par l’instrumentarium proposé, à savoir piano électrique Kawai, violon ainsi que des pédales d’effets assignés aux instruments permettant un traitement du signal du piano électrique mais aussi du violon amplifié et percussions.
Un dispositif de diffusion sera spécialement conçu pour amplifier et diffuser la musique du duo.
Alors, le son pourrait revêtir plusieurs masques : amplification, traitements sauvages, bandes sonores, ruptures, errances, ouroboros de matières, jeu de miroir.
Une traversée sonique dangereuse mais chargée de vivant. »